Dans la
série des petits changements et grandes adaptations, il est de notre devoir de
citer le célèbre, l’incontournable, apéro du Sud. Pour les personnes qui vivent
ici, rien de plus banal, mais pour les deux petites nordistes que nous sommes,
ce fut une découverte.
Oui, parce
que l’apéro, dans le Sud, ce n’est pas un apéritif, c’est un concept !
Le mot
apéritif, du latin aperire, « ouvrir »,
signifie donc « qui ouvre l’appétit ». Oui… Mais non, en fait.
Alors que l’apéritif
se prend en fin de matinée ou en début de soirée, juste avant le repas, l’apéro
lui se prend à tout moment de la journée, et remplace le repas. Oui, oui,
remplace.
Pour
commencer : l’invitation. Bon, en réalité, tout le monde est invité. D’ailleurs
on vous rirait presque au nez quand vous demandez l’air gêné si vous pouvez
venir avec une amie, on vous précise du coup que Machin vient bien lui aussi
avec des collègues. Comment ça, « lui aussi » ? Vous ne venez
pas avec une collègue mais avec une amie. C’est alors que vous pensez que
Machin viendra prendre l’apéro à la sortie du boulot, que vous vous embarquez
donc dans une discussion sur « oh que font-ils comme travail » et que
votre interlocuteur pense que vous avez changé de sujet de conversation. Il en
reviendra finalement à parler de votre collègue, dont vous préciserez qu’elle n’est
pas votre collègue mais votre amie. Sauf que Machin, son collègue, ça veut dire
son copain, son pote… Quand on vous aura tout dit…
Bref, vous
voilà donc invité. Un peu comme dans les séries américaines. Vous savez, quand
ils se téléphonent, se disent « et si on dînait ensemble demain ? »
et raccrochent ensuite. Bon, c’est le village, tout le monde sait où vit tout
le monde, et même si vous, vous ne le savez pas encore, absolument tous les
autres peuvent vous renseigner. Pour l’heure par contre… « A l’heure de l’apéro »…
Bien, bien. Il vous faudra faire avec ça, car même si vous insistez, vous
obtiendrez une fourchette tellement large que vous ne serez pas plus avancé.
C’est donc
ainsi que nous sommes parties prendre notre premier apéro. Sans savoir
exactement quelle sonnette actionner (« c’est un appartement dans le
bâtiment là-bas », « bah faut pas sonner, on entre »), sans
savoir si nous étions en avance ou en retard, et, point crucial : le
ventre vide. Parce que naïvement, on pensait venir prendre l’apéritif, et
ensuite rentrer manger. Vous savez, « qui ouvre l’appétit ». Ce que
nous n’avions pas encore compris, c’est que nous n’étions pas venues prendre l’apéritif,
mais l’apéro. Là où nous pensions rester une petite heure, nous avons passé la
soirée, nos pâtes nous ont gentiment attendues au frigo et nous nous sommes
jetées sur les chips et petits biscuits. Et alors que nous envisagions une
soirée tranquille, il faut bien l’avouer, quelques verres sur un ventre vide
criant famine, nous avons fini un peu joyeuses. Il n’y a pas à dire, dans le
Sud, on sait recevoir ! Santé !
Aurélie


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